Valoriser des déchets de bois pour chauffer l'UCLouvain

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Dès 2023, l'UCLouvain alimentera le réseau de chaleur urbain de Louvain-la-Neuve avec de la chaleur verte, produite par la valorisation énergétique de bois en fin de vie. 

Après le campus du Sart-Tilman (ULiège) et son réseau de chaleur alimenté en partie par une cogénération aux pellets, après le campus Couture (UGent) et sa chaudière à plaquettes, c'est au tour de l'UCLouvain de se tourner vers la biomasse comme source de chaleur verte. C'est ainsi que dès janvier 2023, tous les bâtiments du réseau de chaleur du campus de Louvain-la-Neuve seront alimentés par de la chaleur renouvelable produite par valorisation énergétique de bois en fin de vie. 

Une cogénération valorisant le bois B

C’est l’entreprise Veolia qui a remporté ce marché public européen lancé par l’UCLouvain. Cette entreprise, forte d’une expertise internationale en chaufferies biomasse et réseaux de chaleur, construira la future unité de cogénération à Mont-Saint-Guibert. Depuis cette centrale, les conduites d’eau chaude rejoindront le point de raccordement au réseau de chaleur de l’université, situé à 2 kilomètres. Le terrain accueillant la centrale de cogénération est mis à disposition par l’intercommunale InBW, qui gère elle-même 17 recyparcs sur la province. Et c’est entre autre au départ de ces recyparcs que sera fourni le combustible : des déchets de bois de type B, c’est-à-dire du bois en fin de vie qui a été faiblement traité. Cette catégorie inclut les vieux meubles, panneaux et autres éléments en bois susceptibles de contenir des colles, peintures ou vernis que l’on retrouve dans les recyparcs. Aux recyparcs de l’InBW pourront s’ajouter les bois B des intercommunales Intradel et du BEP, pour un gisement annuel évalué par l’UCLouvain à 55.000 tonnes.

Le traitement de ce type de bois en fin de vie, lorsqu’il ne peut pas être recyclé (par exemple en panneaux agglomérés) représente un coût pour l’intercommunale et, in fine, pour la collectivité. Or, la Wallonie ne comporte aucune usine de panneaux agglomérés permettant ce recyclage. Ces bois doivent donc voyager jusqu’à des usines situées en Flandre ou à l’étranger ou être incinérés. La nouvelle centrale de cogénération du réseau de chaleur de l’UCLouvain rejoindra ainsi la liste des quelques unités wallonnes qui valorisent énergétiquement et localement ce bois B.

Chaleur et électricité

La centrale de cogénération produira de la chaleur et de l’électricité selon le principe de la turbine à vapeur. La combustion du bois B dans une chaudière adaptée permettra de générer de la vapeur, laquelle entrainera une turbine reliée à un alternateur qui produira de l’électricité à hauteur de la consommation de 13.500 ménages wallons. En sortie de turbine, la chaleur sera prélevée à la vapeur pour chauffer l’eau du réseau de chaleur.

Comme le combustible bois B est considéré comme un déchet, il n’est pas inutile de rappeler que ce type d’installation de combustion doit satisfaire à des règlementations et des contrôles très exigeants du point de vue environnemental, comme les émissions polluantes. En optimisant la combustion à haute température, une partie des éléments polluants est ainsi dégradée. Les gaz de combustion sont également traités afin de veiller à rester en dessous des limites légales en termes de composition des fumées.

Réseaux de chaleur : modernes et performants

Combiner de manière performante des réseaux de chaleur d’envergure avec des chaufferies biomasse centralisées est déjà une réalité depuis des années dans certains pays. Rien qu’à Stockholm, une cogénération biomasse alimente un réseau de chaleur et de froid de 200.000 foyers ! Et il n’y a pas que les pays nordiques : nos voisins français sont bien en avance par rapport à chez nous sur les réseaux de chaleur biomasse. Heureusement, petit à petit, les mentalités wallonnes commencent à évoluer. Alors que l’utilisation de vieux poêles et feux ouverts est une source de pollution dans certaines villes, les chaufferies biomasse centralisées offrent une alternative d’intérêt. Modernes et gérées par des professionnels, ces chaufferies offrent des rendements de combustion élevés pour des émissions minimes. Et rappelons que les réseaux de chaleur modernes n’ont plus rien à voir avec les passoires énergétiques qu’ils ont pu être dans le passé. Aujourd’hui, la déperdition thermique d’un réseau moderne est de l’ordre de 1°C par kilomètre de conduites…

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