Qu’entend-t-on par plastiques « biodégradables » ?

Analyse
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©European bioplastics

On a déjà tous eu un sachet en plastique biodégradable entre les mains : couleur et texture particulière, logos verts mystérieux… Mais qu'en est-il réellement de ce type de plastique ? Biodégradable, oui. Mais, sous quelles conditions ?

Cap sur la biodégradabilité de ces matériaux.

Article rédigé avec la collaboration de Thomas Dhont, stagiaire ValBiom.

Qu’est-ce qui rend un plastique biodégradable ?

Un matériau est « biodégradable » s’il peut être décomposé sous l’action de micro-organismes (bactéries, champignons, algues, lombrics...). Le résultat est la formation d’eau (H2O), de dioxyde de carbone (CO2) et/ou de méthane (CH4), et de sous-produits (résidus, nouvelle biomasse) non toxiques pour l’environnement.

La biodégradabilité d’un matériau va donc dépendre de sa structure et de sa composition.

"Biodégradable" = à jeter n’importe où ?

Absolument pas. D’ailleurs la notion de biodégradabilité n’a de sens que si elle est accompagnée de conditions (pH, température, humidité, présence de micro-organismes) et d’une notion cinétique.

En effet, le temps de dégradation ne peut dépasser 12 mois pour la plupart des plastiques biodégradables. Tout finit par se dégrader avec le temps, il faut donc poser une limite cinétique sensée. Et les conditions influencent fortement cette cinétique.

C’est pour cette raison qu’en aucun cas les emballages plastiques biodégradables ne doivent être abandonnés dans la nature. C’est aussi pour cette raison que les bioplastiques biodégradables trouvent leur pertinence dans un scénario de fin de vie par compostage (domestique ou industriel) ou par méthanisation, là où les conditions sont propices à leur dégradation.

Compostage des bioplastiques 

Il y a deux types de compostage :

  • le compostage domestique (chez les particuliers) et,
  • le compostage industriel (géré par les autorités publiques : collecte de bio-déchets ou dépôt dans les parcs de recyclage).

Dans les installations de compostage industriel, les conditions peuvent être contrôlées, ce qui permet de réduire la durée de dégradation. En particulier, l’effet de masse obtenu dans ces conditions permet de faire monter naturellement la température jusqu’à 50 à 60°C car la fermentation dégage de la chaleur.

Comment savoir si un plastique est biodégradable ?

Il existe des labels spécifiques aux matériaux biodégradables qui garantissent leurs propriétés de biodégradabilité ou de compostabilité. Délivrées par des organismes de certification comme TÜV AUSTRIA ou Vinçotte.

  • Le label « OK compost INDUSTRIAL » certifie ainsi la conformité des bioplastiques à la norme européenne EN 13432 et donc leur biodégradabilité dans des conditions de compostage industriel.
  • De même, le label « OK compost HOME » certifie la conformité des bioplastiques à cette même norme EN 13432 et donc leur biodégradabilité dans des conditions de compostage domestique.

Comme précisé par l’organisme de certification Vinçotte :

« La certification OK compost HOME d’un produit ne peut revendiquer la capacité d’un produit à se dégrader ou biodégrader dans le sol ou dans l’eau, ou encore d’être d’origine renouvelable. D’autres certifications garantissent ces qualités, comme : OK biodegradable SOIL, OK biodegradable WATER ou OK biodegradable MARINE de Vinçotte ou les certifications équivalentes de DIN Certco. »

Conclusion

Plastique biodégradable, une solution parmi d’autres, pour limiter à l’avenir la pollution des plastiques.

L’intérêt des bioplastiques biodégradables concerne particulièrement les objets à usage unique, dont la réutilisation et le recyclage sont difficiles à mettre en place et qui posent  actuellement le plus gros problème en termes de pollution environnementale.

Les emballages et les sacs plastiques figurent parmi les premières applications des bioplastiques biodégradables (sacs de collecte des déchets verts et des déchets organiques, emballages alimentaires du rayon frais…). La biodégradabilité permet, en particulier, lorsqu’il existe une filière de traitement des déchets organiques, d’éviter l’étape de séparation des sacs et des biodéchets lors de la collecte et du traitement.

Par ailleurs, les matériaux biodégradables peuvent apporter des solutions dans le domaine des films pour paillage agricole et autres produits pour l’agriculture, l’horticulture et la foresterie (ficelle, clips, etc.). La collecte de ces derniers produits « à usage unique » et « à courte durée d’utilisation » est complexe (transport vers les usines de recyclage) et coûteuse.

La valorisation organique des bioplastiques biosourcés et biodégradables est donc une solution qui peut parfaitement s’intégrer, aux côtés du recyclage et de la réutilisation, dans la nouvelle économie de fin de vie des plastiques.

Cependant, il est nécessaire de lever la confusion existant dans l’esprit de nombreux consommateurs : « C’est un plastique biodégradable, donc je peux m’en débarrasser sans me soucier de son tri ». Comme dit plus haut : s’il est abandonné dans la nature, même un sac biodégradable, dont la durée de dégradation est drastiquement raccourcie par rapport à celle d’un sac plastique traditionnel, ne peut se biodégrader instantanément et aura largement le temps d’avoir des effets néfastes sur l’environnement, en particulier sur les oiseaux et les animaux marins.

A lire également :
  1. Bioplastiques : solution d’avenir ou fausse bonne idée ? – ValBiom, Août 2019
  2. Recyclage, incinération, pollution : quelles fins de vie pour nos produits à base de (bio)plastique ? – ValBiom, Août 2019
  3. Qu’entend-t-on par plastiques « biodégradables » ? – ValBiom, Août 2019

Rapport : « Polymères biobasés: amidon, PLA, PHA, PE et PET » - Jean-Luc Wertz, ValBiom, novembre 2016

Sources :

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