La Commission a présenté ce 11 octobre un plan d'action pour développer une bioéconomie durable et circulaire au service de la société, de l'environnement et de l'économie en Europe. Décryptage.

La bioéconomie, c’est quoi ?

La bioéconomie, c’est l’ensemble des activités de production et de transformation de la biomasse incluant la production alimentaire (humaine et animale), la production de produits et matériaux biobasés et la production d’énergie.

Une stratégie européenne, pourquoi ?

La nouvelle stratégie pour la bioéconomie s'inscrit dans le cadre de l'action menée par la Commission pour imprimer un nouvel élan à l'emploi, la croissance et l'investissement dans l'UE. Elle vise à améliorer et à développer l'utilisation durable des ressources renouvelables pour relever les défis mondiaux et locaux, tels que le changement climatique et le développement durable.

Jyrki Katainen, vice-président pour l'emploi, la croissance, l'investissement et la compétitivité, a présenté en ces termes le plan d'action: « En développant notre bioéconomie, nous pouvons trouver de nouvelles façons innovantes de fournir des denrées alimentaires, des produits et de l'énergie sans épuiser les ressources biologiques limitées de notre planète. De plus, repenser notre économie et moderniser nos modèles de production ne bénéficiera pas qu'à notre environnement et au climat : cela pourra aussi déboucher sur la création de nombreux nouveaux emplois verts, notamment dans les zones rurales et côtières. »

Plan d’action européen : 14 mesures concrètes

Mettre en place une bioéconomie circulaire et durable exige un effort concerté des pouvoirs publics et des industriels. Pour piloter cet effort collectif, la Commission lancera en 2019, 14 mesures concrètes axées sur 3 objectifs clés :

Objectif n°1 : Développer et renforcer les « biosecteurs »

  1. Mobiliser les parties prenantes dans le développement et le déploiement de solutions biobasées durable.
  2. Créer une plateforme d'investissement dédiée à la bioéconomie circulaire, dotée de 100 millions d'euros, afin de rapprocher les bio-innovations du marché et de réduire les risques pour les investissements privés portant sur des solutions durables.
  3. Analyser les accélérateurs et les freins pour le déploiement des innovations biobasées.
  4. Promouvoir et développer de normes, labels et l’adoption des marchés pour les produits biobasés.
  5. Faciliter la mise en place de nouvelles bioraffineries dans toute l'Europe.
  6. Développer de nouveaux produits biodégradables.

Objectif n°2. Déployer rapidement la bioéconomie dans toute l'Europe

  1. Mettre au point un programme stratégique de déploiement portant sur les systèmes alimentaires et agricoles durables, la sylviculture et les produits biobasés.
  2. Lancer des actions pilotes pour le développement de la bioéconomie dans les zones rurales, côtières et urbaines.
  3. Soutenir les régions et les états membre dans le développement de leur stratégie bioéconomie.
  4. Promouvoir l'éducation, la formation et les compétences autour  de la bioéconomie.

Objectif n°3. Protéger l'écosystème et comprendre les limites écologiques de la bioéconomie

  1. Améliorer les connaissances sur la biodiversité et les écosystèmes.
  2. Mettre en œuvre un système de suivi à l'échelle de l'UE pour suivre les progrès accomplis vers une bioéconomie durable et circulaire.
  3. Promouvoir les bonnes pratiques sur la manière d'opérer dans la bioéconomie dans des limites écologiques sûres Améliorer les bénefices de la biodiversité dans la production primaire.
  4. Améliorer nos connaissances et notre compréhension de certains domaines spécifiques de la bioéconomie en recueillant des données et en les rendant plus accessibles grâce au Centre de connaissances sur la bioéconomie.

Quel intérêt pour la Wallonie ?

Les avantages d’une transition vers une économie biobasée sont en effet multiples :

  • L’économie biobasée étant principalement basée sur des chaines de valeur locales s’appuyant sur une agriculture structurée et performante, elle représente donc un modèle économique très résilient.
  • Nous pouvons réduire notre dépendance par rapport à l’importation de ressources, plus particulièrement aux matières premières fossiles, que nous ne produisons pas en Wallonie.
  • L’économie biobasée permet la mise sur le marché de produits innovants plus respectueux de l’environnement (issus de matières premières renouvelables, avec un impact carbone réduit, moins émetteurs de gaz à effet de serre…) et avec de nouvelles propriétés.

L’économie biobasée constitue donc une opportunité pour notre économie (création de valeur ajoutée, diversification des revenus pour nos agriculteurs et nos entreprises actives notamment dans le domaine de la chimie et, enfin, elle est source de création d’emplois) mais également pour atteindre nos objectifs climatiques et de développement durable.

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