Miscanthus : Cap sur le business model inspirant d’une entreprise anglaise

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Terravesta est une entreprise exclusivement active sur le marché anglais qui maitrise parfaitement l’ensemble de la chaine de valeur de la filière miscanthus. Elle traite annuellement 35.000 t de miscanthus et contractualise plus de 2.300 ha auprès des agriculteurs anglais.

Quels sont ses marchés et ses projets de R&D ? Et pourquoi mérite-t-elle notre attention ? Eclairage.

Présent sur l’ensemble de la chaine de valeur

Terravesta est un exemple type d’intégration verticale. Elle est active à tous les niveaux de la filière : sélection variétale, plantation de miscanthus, transformation éventuelle et vente de miscanthus pour différents marchés.

En 2019, elle a planté à elle seule pas moins de 395 hectares de miscanthus en Angleterre, grâce à 8 planteuses à rhizomes.

A titre de comparaison, et bien que celle-ci croisse en moyenne d’une quinzaine de pour cent par an, la surface de miscanthus déclarée en Wallonie en 2018 était de 198 hectares.

Quels marchés ?

  1. Le marché dominant est l’alimentation de centrales électriques pour un total de 25.000 tonnes par an, contractualisés pour 15 ans. Le miscanthus est acheminé sous forme de balles compressées dans un rayon maximal de 50 miles (soit 80 km). Les clients sont la centrale de Brigg (40 MWél) et la centrale de Snetterton (44 MWél) qui s’alimentent en biomasse agricole, principalement en paille de céréale.
  2. Vient ensuite le marché de l’alimentation des chaudières thermiques de moyenne puissance (1 – 10 MW) voire de cogénération. Les principaux secteurs concernés semblent être les gros élevages avicoles et les grandes serres horticoles. Le miscanthus est alors acheminé en balles ou sous forme de pellets.
  3. Enfin, viennent les filières de vente aux particuliers (litière équestre, briquette combustible, allume-feu) vendus en ligne ou via un réseau de jardineries.

L’entreprise traite annuellement environ 35.000 tonnes de miscanthus, et on peut donc estimer qu’elle contractualise actuellement environ 2.300 hectares en Angleterre.

Recherche et développement

Terravesta investit également dans des programmes de R&D. L’entreprise implante par voie rhizomiale la variété « Athena » qu’elle a développée, et nourri la perspective de produire des graines viables de miscanthus pour diminuer drastiquement les coûts d’implantation qui constituent l’un des principaux frein au développement de la filière.

Cette implication en R&D s’est matérialisée l’année dernière par une participation au projet européen GRACE, qui promeut l’implantation de zones marginales d’usage.

 

La bioéconomie territoriale : l’exigence et l’opportunité du circuit court

A l’image de la plupart des biomasses, le miscanthus est une matière peu dense et donc difficilement transportable sur de longues distances à un coût économiquement soutenable. Terravesta transforme cette contrainte en une opportunité en développant (globalement) des filières locales et décentralisées.

Si le modèle d’intégration verticale s’est raréfié au fur et à mesure des opportunités offertes par l’économie mondialisée, le développement de la « bioéconomie territoriale » pourrait signer son grand retour. C’est-à-dire une économie ou mobilité des capitaux ne rime plus forcément avec mobilité des moyens humains et des moyens de production.

Tout bénéfice pour l’environnement, mais aussi l’économie et l’emploi rural, sur lesquels l’Europe neutre en carbone de 2050 devra nécessairement compter !

Plus d’infos via https://www.terravesta.com/#home

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