L'unité de biométhanisation de la ferme Roche Madou : un modèle à suivre

Portrait
Télécharger

Le 26 juin dernier, dans la foulée du salon Ter’Action[1], ValBiom organisait une visite de terrain à l’unité de la ferme Roche Madou, à Vierves-sur-Viroin (province de Namur). Depuis sa mise en route, cette petite unité qui valorise son biogaz via une cogénération (160 kWél) tourne à 100 % de ses capacités ! Grâce à une réflexion aboutie en amont du projet et à la bonne intégration des difficultés rencontrées par un bon nombre d’acteurs, l’unité agricole de Viroinval constitue aujourd’hui un modèle en Wallonie.

Portrait de l’unité, compte-rendu de la visite de terrain ValBiom, accès aux présentations et vidéo de présentation du projet. Voir ci-dessous.

A l’origine : le souhait d’une exploitation diversifiée et rentable

A la base du projet, Daniel Coulonval, agriculteur et porteur de projet, avait pour objectif de consolider son exploitation en lui offrant une diversification lucrative et de la stabilité. Il explique aussi qu’il souhaitait que le projet à venir soit entièrement intégré à son exploitation (celle-ci étant située dans une région herbagère, composée essentiellement de prairies et forêts) et qu’il devait permettre de rationaliser le travail et sa gestion des matières organiques.

La clé : s’inspirer de projets existants et rencontrer leurs porteurs de projet

En janvier 2015, Daniel Coulonval a lancé une pré-étude afin de s’assurer que son projet tienne la route mais surtout pour qu’il soit pensé en fonction des matières disponibles sur son exploitation (étude de gisements de matières organiques fermentescibles).

« En fonction du potentiel théorique, on calcule le potentiel de gaz disponible sur l’exploitation. Et grâce à ça, on sait vers quels équipements se tourner, » explique Daniel Coulonval.

Lors de cette même année, il a été question de se renseigner auprès du gestionnaire de réseau pour connaitre les quantités à injecter sur le réseau électrique, mais il a surtout été important de se renseigner auprès des porteurs de projet. « La clé de notre réussite c’est d’avoir rencontré des porteurs de projets, d’avoir cerné leurs difficultés et d’avoir vu leurs installations (…) De mon côté, j’ai été voir des projets partout en Europe. Lors de ces visites, j’ai particulièrement été surpris de constater les déplacements de matières organiques sur de longues distances (ndlr : impliquant des coûts de transport) et les émissions de gaz à effet de serre qui en découle. »

Autre étape importante en amont de la construction : prendre connaissance des règles et législations en vigueur. En matière, notamment…

  • d’obtention des certificats verts (production d’électricité verte),
  • de normes sectorielles (norme relative aux déchets, à l’usage de la torchère, etc.),
  • d’utilisation du digestat : « garder en tête que ce que je prends vient de la terre et que ce que j’en fais retourne à la terre »,
  • etc.

Une fois bien renseignés, les porteurs de projet ont proposé leurs idées à deux constructeurs et ont rencontré un architecte qui avait déjà de l’expérience dans le secteur.

Enfin, en mars 2017 a débuté le chantier. Et, depuis sa mise en route, l’installation tourne à 100 % de ses capacités. « Notre cogénération de 160 kW tourne à 100 % mais nous avons trop de gaz actuellement… on aurait donc pu installer une 250 kW. »

Le choix du clé sur porte

Si les porteurs de projet ont fait le choix du clé sur porte, c’est avant tout pour des raisons de simplicité… la construction d’une unité de biométhanisation étant complexe de par la multitude des éléments qu’elle implique : gaz, électricité, aspects mécanique et biologique. Daniel Coulonval précise que le constructeur de son unité a également été l’assembleur. Avec le bureau d’étude, le constructeur/assembleur a déterminé tous les éléments et conditions de la bonne mise en place de l’unité.  Ceci, afin que l’installation tourne à 100 % et que les garanties installation / construction soient fortes.


[1] La première édition du salon Ter'Action (dédié à la biométhanisation et au biogaz, à la valorisation organique, aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique) s’est déroulée les 24 et 25 juin 2018. Co-organisateur : Plateforme Européenne de l'Economie Circulaire.

Voir l'article ValBiom s'y référant : "Biométhanisation : énergie à la ferme et innovations technologiques" - accès aux présentations des 24 et 25 juin 2018.

Description technique de l’unité
  • Porteurs de projet : Daniel Coulonval et Quentin Selecque, agriculteurs
  • Type d’installation : unité agricole (exploitation agricole basée sur la production de lait et de viande bovine)
  • Technologie : infiniment mélangé
  • Valorisation du biogaz : via une cogénération (production d’électricité et de chaleur)
  • Puissance : 160 kWél et 171 kWth
  • Production : ± 1.200 MWhél/an et ± 1.350 MWhth/an
  • Intrants : 6.300 tonnes/an (fumier, maïs, betterave, pomme de terre, herbe, soluble de blé, chicorée, sous-produits agroalimentaires)
  • Autre valorisation chaleur : séchoir multiusage
Accès aux présentations du 26/06/2018 :
  1. Comment monter un projet en Wallonie ? par Cécile Heneffe, ValBiom
  2. L’intérêt du digestat par rapport aux effluents d’élevage par Jérôme Gennen, Agraost
  3. Présentation de l’unité de la Roche Madou par Daniel Coulonval, porteur de projet
Galerie photos : © ValBiom

Vidéo : © SPRL ROCHE MADOU

Abonnement