L'extraction des constituants du son de blé : une piste à développer en Wallonie

Analyse
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Le son de blé est riche en constituants qui pourraient être utilisés comme tensioactif, prébiotique, antioxydant ou plastifiant. Les biotechnologies offrent des pistes pertinentes pour proposer des produits biobasés issus de biomasse lignocellulosique dans différents secteurs applicatifs.

Le son de blé : un coproduit agricole à valoriser !

Le son de blé correspond aux enveloppes végétales qui entourent et protègent les grains de blé. Il s’agit d’un coproduit abondant, issu du procédé de mouture du blé qui permet l’obtention de la farine.

Selon European Flour Millers, la proportion théorique de son est comprise entre 15 et 25 %. En 2016, la Belgique a produit 4 millions de tonnes de blé, dont 906.640 tonnes en Wallonie. Le gisement potentiel estimé de son est donc compris entre 135.000 et 225.000 tonnes/an.

Essentiellement valorisé en alimentation animale, certains constituants pourraient être exploités pour la production de molécules à haute valeur ajoutée, notamment les glucides et l’acide férulique.

Etape 1 : Transformer la biomasse grâce aux enzymes

La biomasse lignocellulosique est au cœur du développement des bioraffineries pour la production de biocarburants ou de produits biobasés. Cette biomasse est riche en polysaccharides qui doivent préalablement être hydrolysés en sucres et peuvent - ensuite – être convertis en produits.

Cette hydrolyse peut se faire par voie enzymatique ; une stratégie développée (notamment) par le laboratoire FARE[1], partenaire du projet Interreg ValBran.

Les hémicelluloses telles que les xylanes sont des polysaccharides abondants dans la biomasse lignocellulosique (25-35 % MS[2]). Le laboratoire FARE a développé un cocktail enzymatique pour fractionner efficacement les xylanes et en extraire leurs constituants.

Selon les enzymes utilisées, il est possible de libérer des pentoses (xylose, arabinose), des xylo-oligosaccharides et de l’acide férulique.

Etape 2 : Créer des produits d’intérêt grâce aux enzymes

  • Les molécules extraites peuvent ensuite être fonctionnalisées par voie enzymatique pour obtenir des propriétés d’intérêt. Dans le cas du projet ValBran, les pentoses issus du son sont transformés en tensioactifs.
  • Les xylo-oligosaccharides ont des activités prébiotiques d’intérêt et peuvent être utilisés dans la formulation de compléments alimentaires.
  • L’acide férulique est un composé phénolique d’intérêt pour la synthèse d’antioxydants (utilisables en cosmétique et en agroalimentaire), de plastifiants ou de polymères.

Ces recherches ouvrent donc la voie à de nouvelles applications à haute valeur ajoutée issues de la biomasse.

Plus d’infos ?

Caroline Rémond, cheffe de file du projet ValBran, en présentation le 11 avril 2018, à Reims.


[1] Fractionnement des AgroRessources et Environnement, UMR (Université Reims Champagne-Ardenne).

[2] Matière sèche.

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