Le « power-to-gas » : l’allié de la biométhanisation ?

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Ces dernières années, le besoin en énergie verte a poussé au développement de solutions de stockage de l’énergie. Parmi ces solutions, on constate que le « power-to-gas »  offre de belles potentialités. Cette technologie permet la conversion d’une électricité verte sous forme d’hydrogène qui peut être stocké à l’état gazeux.

Quelles perspectives offre le « power-to-gas » à la filière biométhanisation ?

Exemples d’initiatives mises en place

Récemment, le journal « L’Echo » a publié un article qui souligne l’intérêt de stocker l'électricité sous forme de gaz. Pour illustrer le propos, plusieurs projets concrets ont été évoqués dont :

  • En Belgique, le projet du consortium Fluxys[1], Eoly (groupe Colruyt) et Parkwind de développer une installation « Power-to-gas » pour stocker les surplus de l’éolien offshore sous forme d’hydrogène.
  • En Allemagne (Werlte), le projet d’Audi de produire du méthane de synthèse en utilisant des excédents d’électricité renouvelable pour alimenter 1.500 Audi g-tron sans quasiment émettre de CO2.

Vous avez dit « power-to-gas » ?

Cette technologie se base sur une électrolyse de l’eau. Il s’agit d’un procédé électrochimique au cours duquel les molécules d’hydrogène et d’oxygène, constitutives de la molécule d’eau (H2O), sont séparées par l’action d’un courant électrique et se retrouvent sous forme gazeuse. Idéalement, ce courant électrique serait issu des excédents d’électricité renouvelable tels que le photovoltaïque ou l’éolien dont l’électricité produite est difficilement stockable. Le gaz présente l’avantage d’assurer plus facilement un stockage intersaisonnier. En terme d’utilisation, le gaz peut être directement valorisé comme combustible, consommable de l’industrie chimique ou injecté dans le réseau de gaz naturel jusqu’à une certaine proportion. Cependant, à l’heure actuelle, la technologie power-to-gas est encore trop coûteuse.

De nouvelles perspectives pour la filière de la biométhanisation

Toutefois, l’hydrogène qui serait produit via cette technologie offre de nouvelles perspectives à la filière de la biométhanisation. Le biogaz produit lors de la digestion anaérobie contient près de 45 % de CO2. Ce dioxyde de carbone peut réagir avec l’hydrogène issu d’une unité « power-to-gas » afin de créer du biométhane injectable sur le réseau de distribution gazier.

D’une part, cette option permettrait aux propriétaires d’unité de biométhanisation de presque doubler le rendement de leur installation. D’autre part, augmenter la production de biométhane permettrait à la Belgique de se rapprocher des objectifs européens en termes de biocarburants grâce au BioCNG. Reste à en étudier les coûts à grande échelle pour assurer un développement cohérent.

D'ici quelques mois, ValBiom publiera un article plus complet sur la thématique.

Source : Stocker l'électricité sous forme de gaz, une option trop négligée – L’Echo, 01/11/2018


[1] Membre ValBiom.

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