Le criblage de la biomasse : une étape incontournable ?

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Fin mai, ValBiom organisait une table ronde[1] autour des techniques de criblage. Que retenir des échanges ? Le criblage constitue-t-il une étape incontournable dans la chaine de traitement des matières ? Faut-il investir dans l’achat d’un crible ou sous-traiter ?

Retour sur les principales conclusions et accès aux présentations (voir ci-dessous).

Une grande diversité d’acteurs concernés

A en juger par les profils variés présents à l’évènement, une pluralité d’acteurs sont concernés par les techniques de criblage de la biomasse :

  • fournisseurs de plaquettes bois, composteurs, vendeurs de paillages horticoles, entreprises d’espace verts, gestionnaires de déchets de bois,
  • concepteurs, distributeurs de machines et prestataires de criblage,
  • entreprises de conseil,
  • propriétaires de chaudière,
  • groupes d’actions locaux, communes…

Le criblage : pas toujours indispensable mais souvent bénéfique !

Au terme du débat, ValBiom tire le constat que le criblage – bien qu’étant un maillon important pour garantir la qualité de la biomasse et ses utilisations, tant pour les petites que pour les grosses installations de chaufferies – n’est qu’une étape parmi d’autres dans la chaine de traitement des matières.

Avant de penser à cribler, il est nécessaire de :

  1. Bien connaitre les propriétés de sa matière première et savoir ce qu’on veut en faire.
  2. Réfléchir à la valorisation de toutes les fractions résultantes, et pas uniquement la fraction à plus haute valeur ajoutée.
  3. Se renseigner auprès du constructeur/distributeur/prestataire sur le choix de crible le plus approprié.
  4. S’informer sur les coûts que cela engendre et sur la nécessité de cribler : cette opération couteuse confère-t-elle des propriétés nouvelles au produit sans altérer sa compétitivité ? Notons d’ailleurs que l’étape de criblage est le plus souvent indissociable d’un broyage préalable de la biomasse. Cette étape de broyage doit également être raisonnée pour favoriser au mieux l’étape du criblage.

Une fois ces paramètres étudiés vient l’étape du criblage : une étape qui présente de nombreux avantages :

  • amélioration de la qualité, permettant l’atteinte d’éventuelles normes (biocombustible, compost, etc.),
  • garantie de fiabilité (moins de maintenance et meilleure rendement de sa chaudière par exemple),
  • amélioration de la performance environnementale, tant pour le criblage de compost (élimination des plastiques résiduels) ou des plaquettes (qualité de la combustion, production de cendres et mâchefers, blocage de la chaudière),
  • le criblage constitue également une voie de diversification potentielle pour les acteurs wallons. On estime d’ailleurs que son développement permettrait de créer des dynamiques locales, des solutions de traitement pour les petits volumes, … etc.

Outre ces éléments, le criblage (ainsi que les autres étapes permettant la « certification du combustible ») permettrait – en Wallonie – de rassurer les preneurs de décisions et donc de faciliter la mise en place de chaudières.

Quid des technologies ?

En témoignent les orateurs, les technologies en matière de criblage ne manquent pas sur le marché. Crible à tamis vibrant, oscillant, rotatif, à étoiles… le choix est vaste ! Il va de soi que – pour faire son choix – l’utilisateur devra se renseigner pour adapter l’opération de criblage à sa matière première, au gisement à cribler et au débit de chantier souhaité, mais aussi… à son portefeuille !

Une place à prendre pour les entrepreneurs wallons

Il existe encore un nombre très restreint de solutions réalistes du point de vue technico-économique pour les petits gisements de matières. Deux pistes à approfondir :

  1. Créer des synergies locales : mutualiser les campagnes de criblage en reposant sur le réseau de prestataires ? Créer des sociétés coopératives ?
  2. Favoriser l’émergence d’entreprises spécialisées dans le prétraitement (broyage, criblage) des petits gisements de biomasse.

Pour continuer à mener à bien la réflexion, ValBiom propose de créer un réseau d’expertise sur le sujet. Dans un avenir proche, l’asbl compte publier une liste non-exhaustive des concepteurs/distributeurs/prestataires actifs en Wallonie, susceptibles d’apporter des solutions aux acteurs de terrain. Faites-nous signe si vous souhaitez faire partie de cette liste !

Pour toutes questions complémentaires, n’hésitez pas à faire appel à l’équipe ValBiom !


[1] Midi de la Biomasse ValBiom, Gembloux, 29/05/2018. Avec les interventions de COOPEOS, GAL Pays des Tiges et Chavées, Menart sprl, Van Laecke Machines, Pirothon sa.

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