Outil indispensable aux Etats pour planifier les investissements liés à la transition énergétique, la valeur tutélaire du carbone est une valeur de référence qui nous guide pour pouvoir faire les bons choix. Chaque possibilité peut ainsi être comparée d’après une base identique.

A quoi sert-elle ?

Les solutions pour diminuer nos émissions de GES sont multiples : électrification des véhicules thermiques, isolation des bâtiments, remplacement des ampoules à incandescence, production d’électricité par éolienne…Devant cet éventail technologique en perpétuelle évolution, comment décider d’actionner un levier plutôt que l’autre ? De quel outil d’aide à la décision dispose-t-on pour faire les choix les plus pertinents ? Comment établir des priorités au niveau des investissements ? C’est tout le sens de la valeur tutélaire du carbone.

Attention, la valeur tutélaire du carbone ne doit pas être confondue avec une taxe carbone.

Que représente-t-elle ?

C’est une valeur exprimée en €/tCO2eq qui augmente avec le temps, car au fur et à mesure du déploiement de solutions, les fruits dans l’arbre deviennent plus difficiles à récolter. Concrètement, une valeur de 250 €/tCO2 signifie que toute action dont le coût est inférieur à cette valeur devrait être entreprise.

Après avoir évalué concrètement l’efficacité « économico-environnementale » de chaque possibilité s’offrant à nous il devient alors possible de les comparer avec la valeur tutélaire. Etablir des priorités devient évident et le cadre permettant leur développement peut alors être mis en place (par les pouvoirs publics notamment). La méthode rationnalise la prise de décision : on est enfin certains de faire les choses efficacement dans un environnement dont les ressources sont de plus en plus limitées.

Comment est-elle calculée ?

Elle est le fruit de modèles socioéconomiques « simulant la chronique de technologies disponibles ou prévisibles à mettre en œuvre et d’investissements à réaliser pour atteindre la neutralité carbone. » L’exercice suppose enfin que si l’ensemble des actions répondant positivement à la valeur tutélaire est réalisé, le pays concerné atteindra ses objectifs climatiques.

Ce type de travail doit donc être actualisé pour tenir compte de l’évolution technologique mais aussi de la révision des ambitions climatiques.

Quels résultats ?

En France, le dernier travail, commandé par France Stratégie et mené par la Commission Quinet a été publié en 2019. Il a abouti à des valeurs calculées jusqu’en 2050 :

Dans cet exercice l’échéance 2030 est quantifiée à 250 €/t CO2. Cela pourrait être différent pour la Belgique puisque l’exercice ne peut être spécifique qu’à un pays.

Ces travaux sont indispensables à la planification et à la budgétisation des investissements de transition. Ce fil conducteur apporte une vision avec laquelle il sera plus facile de remplir les objectifs signés.

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