La populiculture, trait d’union entre la sylviculture et l’agriculture

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Ce 24 mai 2019, ValBiom participait à la visite de plusieurs peupleraies des environs de Quévy-le-Grand, organisée par le Centre de Populiculture du Hainaut asbl et la Société Royale Forestière de Belgique (SRFB).

Qu’entend-t-on par populiculture ? Ce concept est-il répandu en Belgique ?

15.000 hectares en Belgique

Contrairement à la sylviculture traditionnelle, la populiculture fonctionne sur des cycles de trésorerie « courts » : la récolte a généralement lieu 15 à 25 ans après la plantation. Raison pour laquelle il n’est pas rare de retrouver des peupleraies en foncier agricole où elles permettent de valoriser des terrains de plaine alluviale, tout en rendant de précieux services écosystémiques (épuration de l’eau, stockage de carbone, refuge de biodiversité…). De plus, les premiers retours sur la future Politique Agricole Commune (PAC) font état d’une plus grande importance allouée à l’arbre des champs. Dès lors, est-ce une opportunité pour le développement de la populiculture ?

La Belgique peut s’enorgueillir d’un véritable savoir-faire en matière de populiculture et de création variétale. Créée en 1959, l’asbl Centre de Populiculture du Hainaut capitalise aujourd’hui ce savoir-faire au sud du pays, tout en étant forte de 400 membres, notamment à l’international.

Une demande régionale en hausse

Si l’industrie de la première transformation locale a souffert ces dernières décennies, à la faveur des filières d’exportation (notamment vers l’Asie), de nombreux acteurs et débouchés demeurent. Surtout en Flandre et dans le Nord-Pas-de-Calais voisin, à commencer par les débouchés historiques :

  • Déroulage[1] : fabrication d’emballages bois légers (caissettes, barquettes...), allumettes ou contreplaqués.
  • Sciage : fabrication de palettes, caisses...
  • Industrie de la trituration (panneaux de fibres et de particules, papiers).
  • Filière bois-énergie : permettant de valoriser les houppiers ou les individus déclassés (bûches et plaquettes forestières essentiellement).

Il faut également noter l’émergence de nouveaux débouchés, en construction notamment (ex. : bardage bois ou bois de structure).

Illustration du renouveau de cette filière, l’industriel espagnol Garnica, leader européen du contreplaqué, a annoncé un investissement de 80 millions d’euros à Troyes, en France, pour construire une usine de déroulage, qui devrait générer 100 emplois. Cette implantation stratégique, hors de portée des grands ports européens comme Anvers, pourrait profiter à la filière populicole wallonne qui se situe à la limite de son rayon d’approvisionnement.

L’analyse de la station pour raisonner le choix du cultivar

Au cours de la visite dans les peupleraies de Quévy-le-Grand, Alice Daman de l'asbl des services agricoles de la Province de Hainaut (CARAH asbl) et Nicolas Dassonville (SRFB) ont livrés les premières clés d’analyse de terrain pour les propriétaires désireux de planter. Armé d’une tarière et d’un guide pratique, il est en effet possible de déterminer quels sont les cultivars les plus adaptés à la station.

Un guide de référence mis à jour

Dans le cadre du projet Interreg Forêt Pro Bos, coordonné par le CARAH asbl, le guide intitulé « Peuplier & Populiculture 2.0 » permet aux potentiels porteurs de projets d’obtenir des informations complètes sur la sylviculture du peuplier, ses débouchés, sa rentabilité et les opportunités pour le territoire.

Plus d’infos ?

[1] Procédé de la transformation du bois. Pour en savoir plus sur le déroulage, visionnez cette vidéo.

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