Interview : D’une économie pétrosourcée à une économie biobasée une transition réaliste en Wallonie ?

Entretien
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En amont de l’Assemblée Générale de ValBiom qui se tiendra le 16 mai prochain, Philippe Mengal – directeur exécutif du Bio-Based Industries Joint Undertaking (BBI JU) – nous donne un premier aperçu des perspectives qu’il envisage pour l’économie biobasée de demain dans nos régions. Eclairage en vidéo.

  1. En Europe, et plus particulièrement en Wallonie, quelles sont les opportunités économiques liées à la bioéconomie ?
  2. Les investisseurs privés et les banques montrent-ils un intérêt croissant pour l’économie biobasée ?
  3. A l’échelle de l’Europe, quels sont les défis majeurs à relever pour qu’une transition (progressive) vers la bioéconomie soit réaliste ?

Poussons la réflexion !

  1. Pourriez-vous nous citer deux exemples de projets innovants qui pourraient être répliqués en Wallonie ?

Le projet FIRTS2RUN

« Ce gros projet est porté par Novamont, une société italienne qui a transformé une raffinerie désaffectée du groupe pétrolier ENI située en Sardaigne (ndlr : à Porto Torres) en bioraffinerie. Au lieu d’être alimentée en pétrole, la raffinerie est aujourd’hui alimentée – notamment – par de l’huile végétale extraite d’un chardon qui est cultivé dans des zones semi-arides (ndlr : terres marginales). Le chardon est planté sur des terres agricoles non utilisées, donc sans entrer en compétition avec l’alimentation. L’huile végétale raffinée permet de produire des biolubrifiants, des produits cosmétiques et du bioplastique (utilisé dans toute l’Italie). Cela nous fait prendre conscience qu’en Wallonie, sur des zones en friche ou non utilisées, il y a tout à fait moyen d’y mettre des cultures dédiées à la production de produits biobasés (par exemple). »

Le projet PULP2VALUE 

« Ce projet vise une meilleure utilisation (ndlr : à plus haute valeur ajoutée) de la pulpe de betterave. Il est porté par la coopérative sucrière néerlandaise Royal Cosun basée à Roosendaal. En Wallonie, on pourrait répliquer ce type de projet car on dispose déjà d’un gisement exceptionnel, d’une logistique organisée et d’une agriculture efficace. » 

  1. Le BBI est un bon levier pour financer des projets en économie biobasée. Dans ce cadre-là, quel message souhaitez-vous adresser aux acteurs wallons ?

«  Beaucoup plus participer dans les projets du BBI ! Il s’agit de l’initiative européenne la plus ambitieuse jamais mise en place. Elle investit énormément dans les industries biobasées, en soutenant des projets depuis le stade de la réflexion jusqu’au déploiement complet du projet. Finalement, l’initiative permet de structurer le secteur en Europe. »

  1. De manière générale, quel est le message que vous souhaiteriez adresser aux responsables politiques ?

« Finaliser le projet de mise en place d’une stratégie pour une bioéconomie en Wallonie. Ceci, avec les ministères et administrations compétentes en la matière : économie, recherche, agriculture. Et également : convertir cette stratégie en plan d’action. On le voit avec d’autres pays européens qui ont déjà leur propre stratégie, cela porte ses fruits. »

Quelques chiffres clés

En Europe, la bioéconomie (food et non-food) représente plus de 2 trillions d’euros de chiffre d’affaire. Cela représente environ 10 % de l’activité économique de l’Union européenne. Dans cette bioéconomie, la partie non-alimentaire (hors agriculture) représente 3,7 millions d’emplois et près de 700 milliards d’euros de chiffre d’affaire.

L’économie biobasée est en nette croissance. Par exemple, au niveau du secteur de la chimie de spécialité, la moitié des assortiments a déjà été converti en alternatives biobasées (cosmétiques, détergents, alimentaires).

Envie d’en savoir plus ? Rejoignez-nous le 16 mai !

Le 16 mai prochain, ValBiom a convié Philippe Mengal ainsi que Fabian Scuvie (essenscia Wallonie) et Jonathan Guévorts (ancien chef de projet produits et matériaux biobasés chez ValBiom) lors de son Assemblée Générale.

Au programme :

  1. La chimie de demain sera-t-elle 100 % biosourcée ? - par Jonathan Guévorts
  2. La chimie au service d’une société bas carbone - par Fabian Scuvie, essenscia
  3. Une économie bio-basée durable pour l’Europe - par Philippe Mengal, The Bio-Based Industries Joint Undertaking (BBI JU)

Rejoignez-nous et Inscrivez-vous ce 16 mai, à Namur !

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