[Innovation] Visite d’un pilote de pyro-gazéification de la biomasse

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Photos : © SEA Marconi 

En septembre dernier se déroulait à Metz le colloque scientifique du projet LORVER2 auquel prenait part l’entreprise italienne SEA MARCONI. L’occasion, pour ValBiom, de visiter cette unité atypique, située à Homécourt (région Grand Est, France).

Un procédé en trois étapes

L’installation pilote est conçue comme un système de gazéification en trois étapes dans lequel la pyrolyse1, l’oxydation (partielle) du charbon et le reformage des goudrons se produisent dans trois zones de réaction distinctes et interconnectées.

L’unité de pyrolyse1 est un réacteur tournant, permettant une circulation permanente de billes d’acier qui vont transmettre l’énergie, générée par l’oxydation partielle, au cœur de la biomasse. Les billes en mouvement vont également permettre de fragmenter la biomasse en cours de pyrolyse.

La température de la zone de pyrolyse1 est pilotable entre 400 et 600°C.

La gazéification des goudrons et du charbon se produit dans deux zones réactionnelles distinctes. Le reformage des goudrons peut être catalytique ou non. Le syngaz1 produit permettra une production d’électricité et de chaleur via un moteur à combustion interne.

La production de biochar

Cette compartimentation permet d’envisager la production de « biochar » en fin de pyrolyse. Le biochar est un produit stable qui permet d’améliorer la fertilité physique des sols et substrats de culture. Des applications en matière de traitement de l’eau et des gaz sont par ailleurs à l’étude.

Cette production est facultative, mais permet d’ajouter une boucle de valeur supplémentaire, au prix d’un rendement énergétique moindre. En l’absence de prélèvement du biochar, celui-ci est valorisé en syngaz dans la suite du procédé.

Une large gamme de biomasses éligibles et des perspectives industrielles

L’équipe de Guillain Mauviel, professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Industries Chimiques de Nancy, a planché au cours du projet LORVER2 sur la modélisation du procédé et son optimisation. Il témoigne :

« L’une des forces de cette unité, c’est sa haute tolérance en matière de propriétés de combustible biomasse admissible : typologie, granulométrie, taux d’humidité. »

Une unité d’échelle industrielle est en cours de développement, en Allemagne. Suivant la nature de la biomasse en entrée, sa capacité pourra atteindre 12 000 tonnes de combustibles par an pour délivrer une puissance de 3 MW nominale. Les industriels qui génèrent des déchets de biomasse seront principalement ciblés. La conception est modulaire et conteneurisée pour faciliter le transport et l’installation du matériel.

Plus d’infos ?

Les innovations présentées dans le ValBioMag sont sélectionnées par les ingénieurs ValBiom pour leurs caractéristiques novatrices et pour les solutions qu’elles apportent à des problèmes ne pouvant être résolus auparavant. Cette description de nouveaux produits ou concepts novateurs fait partie de la mission de veille technologique de ValBiom.

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