France : un nouveau réseau chaleur alimenté par des anas de lin

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Dans l’Oise, la commune de Formerie établit un partenariat avec une coopérative linière pour augmenter l’autonomie énergétique de son territoire.

Située dans le bassin de production du lin qui s’étend de la Normandie aux Pays-Bas en passant par la Belgique, la commune prévoit l’installation d’un réseau de chaleur pour couvrir les besoins énergétiques de ses bâtiments administratifs, la piscine, le collège et une partie des services techniques. Le raccord de plusieurs maisons à habitation est également une perspective.

Commune voisine, Grandvilliers valorise déjà 1400 tonnes d’anas de lin annuellement (l’équivalent de 650 000 litres de mazout !). Son réseau de 3,8 km alimente 230 logements, l’hôpital et la maison de retraite, la salle de sport, le collège et le lycée professionnel, la piscine intercommunale et le nouvel éco quartier regroupant 25 maisons individuelles et 14 appartements.

Le haut potentiel de valorisation des cultures à fibres

Les cultures à fibres (lin, chanvre) génèrent des volumes importants de coproduits. On les appelle « anas » pour le lin et « chènevotte » pour le chanvre, ils constituent la partie résiduelle de la tige, une fois que les fibres en sont extraites. Elles bénéficient de nombreuses voies de valorisation potentielles :

  • litière animale,
  • paillage horticole,
  • écoconstruction.

Les atouts et faiblesses des anas de lin

En tant que combustible, les anas de lin bénéficient de nombreux avantages dont une très grande homogénéité de granulométrie et d’humidité (12 %). Cette faible humidité confère un excellent pouvoir calorifique inférieur (4,5 MWh/tonne). Cette homogénéité est la conséquence d’une transformation par un procédé industriel (teillage), il n’est donc pas possible d’autoproduire ce combustible au sein des exploitations. Par contre, des collaborations entre teillages et agriculteurs sont possibles.

Quant aux faiblesses, on notera d’abord sa faible densité, qui induit des coûts de transport importants et un volume conséquent à allouer au stockage. Sa teneur en éléments minéraux exige une valorisation en chaudière polycombustible, comme pour le miscanthus.

La crise sanitaire majeure que traverse le monde nous invite à reconsidérer notre niveau de dépendance aux approvisionnements extraterritoriaux. Textile, énergie, écoconstruction… Les cultures à fibres ont assurément un rôle à jouer dans le développement de la bioéconomie européenne.

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