Financement de projets biomasse : la parole au secteur financier

Entretien
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Le 24 janvier dernier, ValBiom organisait une table ronde autour de la thématique du financement des projets biomasse. L’objectif : réunir des banques et coopératives actives dans le secteur pour confronter leurs expériences et savoir-faire en la matière.

Dans cette interview, Sébastien Philippin (ING) nous livre ses impressions sur l’organisation de cette rencontre, communément appelée « Midi de la Biomasse ».

En tant qu’asset spécialiste, S. Philippin analyse en profondeur les dossiers soumis pour financement. Ensuite, il donne un avis technique à sa banque qui – sur base de son évaluation – validera ou non l’investissement.

Quelles étaient vos attentes par rapport à ce Midi de la Biomasse ?

Ce que j’attendais, c’est de rencontrer différents partenaires sur le marché de l’activité biomasse. De voir ce que ValBiom rencontre sur le terrain avec les porteurs de projets et jusqu’où l’équipe va en terme de finalisation de dossier. Je voulais aussi rencontrer les coopératives et autres banques pour connaitre leurs difficultés. Et ainsi, confronter les impératifs de chacun.

L’objectif final de ce rendez-vous était bien sûr de voir si, sur le marché de la biomasse, on aura la possibilité de financer davantage de projets.

Par rapport à ce financement, il faut savoir que les banques suivent certaines politiques ; elles doivent donc respecter certains critères.

Quels critères ? Et quels projets déjà soutenus ?

Lorsqu’on analyse un dossier biométhanisation, on s’intéresse au type d’intrants, au projet en tant que tel, aux extrants et aux finances.

Jusqu’à présent, on a soutenu des projets de biométhanisation et, actuellement, de cogénération. (NdR : les détails de ces projets sont soumis au secret professionnel.)

Quels sont, selon vous, les 3 points d’attention essentiels dans la sélection de ce type de projet ?

Mon premier point d’attention porte sur la préparation du dossier, c’est-à-dire la qualité du support, le montage financier via le business plan et la connaissance du client dans le domaine. Ensuite vient le type d’équipement et le but de l’investissement. Enfin, je regarde comment s’intègre le projet dans la vision globale de l’entreprise et de la région.

Si pour l’entreprise, le projet est un gain important et donc que le ROI (NdR : mesure de l'efficacité d'un investissement) du projet est sur 4-5 ans, c’est clair que l’utilité même de l’unité de biomasse s’impose et que sa mise en place est motivée. Notamment, pour réduire les coûts de production. On offre un avantage concurrentiel au client via cette utilisation de la biomasse.

Avoir des fonds propres est-il indispensable pour se lancer ? À hauteur de combien ?

Il n’y a pas de règle spécifique : on va plutôt étudier l’historique. Par exemple, j’ai déjà eu un dossier de cogénération de 900.000 euros où il n’y a pas eu de fond propre.

C’est du cas par cas et ça dépend de la qualité communicationnelle de la personne qu’on a en face de nous.

Qu’avez-vous retenu de cette table ronde ?

Je n’étais pas au courant des différents types de permis spécifiques (NdR : permis unique, d’urbanisme, d’environnement) et devant être délivrés pour la mise en oeuvre du projet.

J’ai également appris que ValBiom comptait dans son équipe des spécialistes en fonction des thématiques et filières. C’est important selon moi.

J’en ai appris davantage sur la diversité de la biomasse. Cela m’a permis de compléter une connaissance que j’avais déjà grâce à mon suivi de certains dossiers biomasse.

Enfin, ValBiom, je ne connaissais pas avant. Je suis étonné favorablement. Pour moi, il faut promouvoir les alternatives énergétiques positives que permet la biomasse. Et je pense en effet que ValBiom a une belle carte à jouer dans le futur.

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