Concilier innovation et diversification de ses activités: la clé d'un projet rentable

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Photos ©ValBiom

Le 31 janvier dernier, une quarantaine de personnes participait à la 4ème visite de terrain du « Tour de la biométhanisation en Wallonie »[1]. L'occasion pour eux de découvrir les installations de la Ferme du Faascht (Attert) : une ferme laitière et d’élevage (± 300 bêtes, principalement du cheptel laitier) pionnière en matière de biométhanisation.

La Ferme du Faascht : à la pointe de l’innovation

La Ferme du Faascht a installé son unité en 2003. Elle fait partie des premières fermes wallonnes à se lancer dans l’aventure. Au-delà des activités annexes, développées en amont de l’unité (séchage du digestat, production de fertilisant en granulés, future activité de maraîchage…), les gérants de la ferme participent à toute une série de projets de recherche qui permettent, in fine, de développer intelligemment le site pour le renforcer et le péreniser.

© Ferme du Faascht

Cap sur 2 projets de recherche
  1. Le projet Interreg Perséphone pour la valorisation du digestat (2017 -2021)

Perséphone est mené par un partenariat composé de scientifiques, d'industriels et d'acteurs du terrain situés sur les quatre versants de la Grande Région[2]. Le projet ambitionne de positionner la biométhanisation dans la bioéconomie et souhaite apporter une nouvelle valeur ajoutée aux unités agricoles existantes afin de les pérenniser à l'horizon 2020-2030. Ceci, en agissant principalement au niveau de la valorisation des produits issus de la biométhanisation, peu ou mal valorisés aujourd'hui.

A l’avenir, les futures unités agricoles implantées en Grande Région pourraient intégrer les données du projet Perséphone à leur propre projet. Ces données touchent à :

  • la diversification des installations de biogaz par l’intégration d’hydrogène renouvelable et raffinage du digestat ;
  • au digestat et ses fractions (en substitution aux engrais chimiques) : impacts positifs sur les sols et la qualité des eaux ;
  • la production d'algues en Grande Région pour de nouveaux marchés.

Le digestat : un amendement et fertilisant de qualité

Les tests réalisés par le consortium du projet Perséphone permettent notamment de comparer les rendements des fertilisants organiques et chimiques sur des prairies permanentes. Les résultats des expérimentations menées sur cinq parcelles différentes sont prometteurs (Emmels (BE), Attert (BE), Erpeldange (LU), Steinborn (DE), La Bouzule (FR)).

Les partenaires du projet annoncent déjà :

  • Un rendement plus élevé du digestat, comparativement au lisier : + 8 %
  • Des qualités nutritionnelles pour l’élevage (VEM[3]) conservées.
  • Une utilisation du digestat comme fertilisant (analyses poussées des terres agricoles durant plusieurs mois) qui affiche des résultats plus qu’encourageant en matière de « lessivage des nitrates sans le sol ». En effet, le taux d’azote contenu dans les sols de même que la qualité du fourrage récolté après épandage du digestat est nettement plus intéressant, comparativement à l’usage du « lisier » ou des « engrais chimiques classiques ».
  1. Le projet H2020 SYSTEMIC pour la valorisation des biodéchets

Alors que l'Europe doit faire face au défi de « l’appauvrissement des ressources » et doit faciliter une transition vers une économie plus circulaire, le projet SYSTEMIC (lancé en 2018) a pour objectif d’identifier des innovations permettant de récupérer et recycler des composants minéraux précieux, issus de flux de déchets organiques. Ceci, en les intégrant au mieux au schéma d’une économie circulaire, locale ou régionale.

Parmi ses axes de travail : la filière biométhanisation et, plus particulièrement, le développement de nouvelles technologies de récupération des nutriments pour la production d'engrais. Ceci, en vue d’établir une feuille de route européenne.

Plus d’infos sur https://systemicproject.eu/

Les projets d’avenir de l’unité

  1. Activité de maraichage : une serre de tomates chauffée au biogaz

Les porteurs du projet (Mélody Kessler, Ludovic Peter et David Feller - nouvel associé) souhaitent lancer la construction d’une serre à haut rendement pour y cultiver des tomates grâce à la production de chaleur. La partie fibreuse du digestat (substrat) servira d’amendement organique pour cette culture maraîchère.

  1. AGRI GNV

Parallèlement, ils envisagent de mettre une pompe bio-CNG à la ferme. En Wallonie, quelques projets sont actuellement à l'étude mais aucun n’a pas encore été concrétisé. L’objectif de cette future pompe serait de faire rouler l'équivalent de 10 véhicules de l’exploitation (25.000 km/an) au bio-CNG.

Mise à jour des données : 2019.

L’accès aux présentations – 31.01.2019
Plus d’infos ?

[1] Une initiative de ValBiom, soutenue par des partenaires de référence (Feba, Edora, RwDR, FWA, Fugea) et par la Wallonie.

[2] La Grande Région, c’est un espace composite rassemblant le Luxembourg, la France, l’Allemagne et la Belgique.

[3] VEM = Energie chez les bovins laitiers ou à croissance lente (< 1 kg/j).

[4] Mise à jour des données : 2019.

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