Biométhanisation : La réussite d’une petite unité agricole française, équipée par un constructeur wallon

Portrait

Depuis avril dernier et son raccord au réseau public EDF, la petite unité de biométhanisation agricole de Villeperdue (région Centre-Val de Loire, France) tourne à 100 % de ses capacités. L’unité qui a été construite par le constructeur wallon CogeO - membre ValBiom - démontre que la petite méthanisation de lisier est possible mais qu’elle est également rentable. 

CogeO : spécialisé dans la biométhanisation agricole

CogeO est une société wallonne qui a développé des solutions de biométhanisation adaptées au traitement des lisiers et fumiers. Forte d’une expérience de plus de 10 ans, elle offre des solutions simples et robustes en matière de digesteurs et de valorisation du biogaz par cogénération, chaudière ou via injection dans le réseau de gaz naturel.

Au départ, CogeO souhaitait mettre sur le marché des unités simples, fiables et performantes adaptées à la biométhanisation à la ferme. Pour se faire, la société a conclu un partenariat avec la société CRD, acteur français du traitement des effluents d'élevage (pompe, mixer, racleur, séparateur). Aujourd'hui, CRD commercialise les solutions de CogeO en France et les projets de construction vont bon train (une dizaine actuellement en cours).

CogeO a également conclu un partenariat avec la société Cogengreen, située à Gembloux, qui est spécialisée en cogénération (fourniture et maintenance).

Aujourd’hui, la gamme des solutions proposées par Cogeo s'est élargie : elle propose une gamme de puissance allant de 40 à 700 kW en cogénération. Depuis peu, la société propose aussi une solution de purification et d’injection du biométhane.

L’unité agricole de Villeperdue : rentable ?

En janvier 2018, Cogeo a finalisé le chantier de l’unité de Villeperdue. Après six mois de mise en route, le constructeur constate que l’installation est réussie. Selon Morgan Thomas, gérant de la société : « la petite méthanisation de lisier est possible mais aussi rentable ».

Quelques chiffres 

  • Investissement : 450.000 €
  • Gains : 90.000 € / an
  • Charges : 25.000 € / an
  • Retour sur investissement : 7 ans

D’après Grégory Declerck, exploitant de l’unité, le projet constitue en effet une réussite.

« L’unité a directement démarré à 100 % de ses capacités depuis qu'elle est raccordée au réseau. Le système d'incorporation a demandé un peu de mise au point mais, aujourd'hui, tout fonctionne bien. Je dois maintenant apprendre à valoriser au mieux mon digestat qui offre des bénéfices incontestables (ndlr : bon fertilisant), » explique Grégory Declerck, exploitant.

L’exploitant pense d’ailleurs sérieusement à s'équiper d'une seconde unité pour valoriser le lisier et fumier des génisses, qui occupent un site voisin.

Description technique de l’unité 

  • Porteur de projet : Grégory Declerck, exploitant
  • Type d’installation : Unité agricole, en infiniment mélangé
  • Valorisation du biogaz : via une cogénération (production d’électricité et de chaleur)
  • Puissance : Cogen MAN 50 kWél, 84 kWth
  • Production : ± 411 MWhél/an et ± 691 MWhth/an
  • Intrants : lisier bovin et issues de céréales
    • 10 m³/jour de fumier mou raclé (13 % MS, 150 vaches laitières en logettes paillées - 2,5 kg/vache/jour)
    • 5 m³/jour d'eau de dilution (eau de lavage et jus de fumière)
    • 600 kg/jour d'issues de céréales
  • Autres :
    • Digesteur : cuve en béton (diamètre 12,5 m ; hauteur 5 m ; volume utile 560 m³)
    • Incorporation par pré-fosse équipée d'un mixer et d'une pompe broyeuse
    • Séparateur de phase de type tamis vibrant
    • Stockage du digestat : « liquide » dans la fosse existante et « solide » dans la fumière existante
  • Mise en route : janvier 2018 (connectée au réseau EDF depuis avril 2018)
  • Fonctionnement : 24/24h à 50 kW

Particularités de l’installation

  • Elle est entièrement automatisée et synchronisée avec les racleurs de l'étable (temps de travail pour l'exploitant : 15 min/j. de surveillance).
  • Elle est équipée d'un filtre à charbon actif et d'un filtre H2S biologique externe qui permet de réduire de 80 % la consommation de charbon actif.
  • Préfosse d’incorporation : permettant une augmentation de 30% de la production de méthane.
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Photo et vidéo : ©CogeO - membre ValBiom

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