BioCNG en Wallonie : en route vers une décarbonation du secteur du transport ?

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©Gaz-mobilité.fr

Avant ce mercredi 17 mars 2021, lorsqu'un automobiliste wallon roulait avec du Gaz Naturel Comprimé (CNG), il s’agissait de gaz naturel, et donc d’un combustible d’origine fossile. Désormais, rouler au gaz vert devient possible grâce à l’inauguration par Total de la première station de bioCNG en Wallonie, à Namur.

Le bioCNG, issu de la filière du biogaz, permet un abaissement de la quantité de CO2 émis dans l’atmosphère par rapport à son équivalent fossile. D'où provient le bioCNG proposé à la pompe ? Comment soutenir la décarbonation du secteur du transport ? 

Une origine étrangère

Bien que la pompe inaugurée dans la capitale wallonne fournisse du bioCNG, il s'agit d'un mécanisme de "Garanties d'Origine". Ce que garantit Total, c’est la compensation de chaque kilo de "bioCNG" dispensé par la pompe par l’achat d’une Garantie d’Origine[1]  achetée aux Pays-Bas ou en France auprès de producteurs de biogaz. C'est-à-dire que si le gaz pompé n’est pas "bio" physiquement, il le sera bien sur ses papiers d’identité.

Pourquoi pas du biométhane wallon ? 

Si la filière du biogaz existe bel et bien en Wallonie, celle-ci n’alimente pas cette nouvelle station. En effet, la production de biogaz wallon est, dans l’écrasante majorité, valorisée en cogénération produisant de l’électricité et de la chaleur. Si cette valorisation est la plus courante, c’est grâce aux certificats verts qui soutiennent la production d’électricité verte. Les carburants fossiles sont encore aujourd’hui trop bon marché par rapport à leurs équivalents renouvelables. Sans soutien, ces derniers ne sont pas en mesure de se développer.

Un soutien adapté pour une faisabilité économique wallonne

D’un point de vue économique, les Garanties d’Origine achetées par Total pour assurer le caractère « bio » du CNG ne représentent en réalité qu’une part mineure du surcoût de production de ce carburant vert. Le consommateur ne doit pas s’y tromper : son achat ne finance en réalité qu’une petite partie du besoin de ce carburant vert. Alors que le coût de production du biométhane est le même en Wallonie que dans les autres pays, les mécanismes de soutien diffèrent, ce qui a pour conséquence qu’une garantie d’origine wallonne coûte au moins 3 fois plus qu’une garantie française ou néerlandaise, ce qui explique la provenance de ces garanties.

Nous sommes aujourd’hui dans une période de transition énergétique qui s’annonce pleine de défis. Pour les relever, il est nécessaire de s’y préparer et d’y répondre correctement. Si l’un des objectifs poursuivis est la décarbonisation du secteur du transport, le développement du bioCNG apparait comme une solution incontournable. Cependant, celle-ci ne peut émerger sans un soutien adapté de la filière concernée, et la question de l’uniformisation des garanties d’origine européennes prend également tout son sens. Une autre condition pour que le CNG et, a fortiori le bioCNG, se développe, est que les marques de voiture soutiennent aussi le pari et continuent à développer des gammes adaptées.

Décarbonation ?

Le terme "décarbonation" est un anglicisme et provient de l'anglais decarbonation. La décarbonation désigne l'ensemble des mesures et techniques mises en place en vue de limiter l'empreinte carbone d'une entreprise, d'un secteur d'activité, d'un pays ou d'une économie.

La décarbonation s'opère principalement en substituant une source d'énergie "propre", c'est-à-dire n'entraînant pas d'émission de gaz à effet de serre, aux hydrocarbures. Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, biomasse, etc.) sont donc privilégiées. 

Source : Institut Orygeen, Décarbonation (ou décarbonisation) : comment limiter l'empreinte carbone ?
Aller plus loin

[1] Les Labels de Garanties d’Origine (LGO) certifient le caractère renouvelable de l’énergie livrée via un contrat d’énergie verte.

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