27 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique en Europe : Un signal positif pour la biomasse ?

Entretien

L'UE s'est fixé des objectifs dans le domaine de l'énergie et du climat pour 2020, 2030 et 2050. Parmi ces objectifs, elle a fixé un objectif contraignant de 27 % d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique à atteindre au niveau de l'Union européenne. 

Qu’en pense l’AEBIOM (Association Européenne pour la Biomasse) ? Quel signal l’Europe envoie-t-elle pour le développement du secteur de la biomasse? Interview de Fanny-Pomme Langue, directrice du département « Policy » de l’AEBIOM.

Que pense l’AEBIOM de l’objectif  européen de 27 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 proposé par la Commission?

Cet objectif de 27%  n’est pas assez ambitieux. Le Parlement européen a pris position pour un objectif minimum de 30%. Nous allons suivre de près le débat au Conseil et au Parlement sur ce point. Nous travaillons actuellement avec les autres associations représentant les énergies renouvelables à Bruxelles afin de définir notre position sur un objectif plus ambitieux.

L’objectif de 27% d’énergies renouvelables proposé par la Commission est un objectif européen. Cet objectif n’est plus réparti  entre les Etats membres via des objectifs nationaux légalement contraignants, comme c’est le cas avec l’actuelle Directive Energies renouvelables.

Que pense l’AEBIOM de cette approche non-contraignante ?

L’AEBIOM est en faveur d’une approche qui vise à établir des objectifs nationaux contraignants pour chaque Etat membre. Nous regrettons donc  la proposition  de la Commission qui prévoit  uniquement un objectif global au niveau européen. Malheureusement, étant donné la position des Etats membres sur ce point, il sera probablement difficile de changer cela.

Sans objectifs nationaux contraignants, il est essentiel que la gouvernance « Energie climat » prévoit des obligations de planning et reporting détaillées et crédibles de la part des Etats membres afin de garantir un cadre pour les opérateurs économiques.   Il est également essentiel que la Directive prévoie des mesures qui garantissent que l’objectif européen sera bien atteint et que des mécanismes sont en place pour adresser toute déviation potentielle de l’objectif.

Cette proposition de Directive est-elle, selon l’AEBIOM, une avancée positive pour l’énergie biomasse ou, au contraire, un frein à son développement ?

Le fait que l’on  ait une proposition sur la table pour une nouvelle Directive pour les énergies renouvelables est une bonne nouvelle. Cela veut dire que l’objectif est de continuer le mouvement entamé en 2009. Concernant les bioénergies le paquet proposé semble confirmer que la biomasse a un rôle à jouer dans le futur et qu’il est important de garantir la durabilité de la bioénergie. .Le paquet dans son ensemble doit être analysé car d’autres propositions sont également importantes pour notre secteur.

Par exemple, il faut prêter une attention aux dispositions sur les renouvelables et les bioénergies dans les propositions « gouvernance » et « efficacité énergétique ».

Rappelons que – pour le moment – le paquet qui est sur la table est une proposition. Le débat ne fait donc que commencer.

Ces propos ont été recueillis lors d’une réunion du Groupe de Travail sur la durabilité des bioénergies, organisée le 1er février 2017 par l’AEBIOM.

Plus d'infos ?

Le Groupe de Travail sur la durabilité des bioénergies - créé à l’initiative de l’AEBIOM - a pour objectif d’échanger des informations sur les dossiers « durabilité » et de définir la position de l’AEBIOM sur ces questions. Il compte actuellement une 40aine de membres, dont Laurent Anzalone (ValBiom).

 

Abonnement